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L'eau...

Vue des Hauts de Bellefontaine, aux sources de la Sémouse
Vue des Hauts de Bellefontaine, aux sources de la Sémouse







La Sémouse est une rivière importante de l'est de la Vôge et de la plaine saônoise. 

Naissant à Bellefontaine, sur un plateau de grès vosgien, elle va se creuser une pittoresque vallée, la Vallée des Forges avant de rejoindre la Franche-Comté et de capter successivement l'Augronne et la Combeauté pour se joindre à la Lanterne après 41 km de course.

Le patrimoine de la vallée supérieure de la Sémouse, à la fois naturel et historique est considérable et mérite d'être à la fois protégé et valorisé car il s'agit d'une véritable richesse partagée à un niveau inter-régional.

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Le Réseau Hydrographique

Le réseau hydrographique se décompose en deux bassins séparés par la ligne de partage des eaux, le bassin de la Mer du Nord drainé par la Moselle et ses affluents et le bassin de la Méditerranée drainé par les affluents de la Saône.

La Sémouse


La Sémouse à Gérardfaing
La Sémouse à Gérardfaing (Bellefontaine)

La Sémouse (ou Semouse) est une rivière importante de l'est de la Vôge, de part sa vallée si particulière et pittoresque (Vallée des Forges) et de part ses caractéristiques hydrographiques qui font qu'elle atteint assez rapidement un débit important et qu'elle va capter successivement l'Augronne et la Combeauté, les deux autres rivières qui lui sont parallèles au sud. La Sémouse rejoint ensuite la Lanterne à Conflans-sur-Lanterne après 41 km de course, non sans apporter un débit supérieur à celui de la Lanterne. La rivière a une course sud-ouest excepté entre le Clerjus et Ailleviller-et-Lyaumont où elle fait un coude vers le sud pour rejoindre la vallée de l'Augronne.

La Sémouse, l'Augronne et la Combeauté sont trois rivières soeurs, dans ce sens où elles sont parallèles, naissent en Lorraine et rejoignent toutes au final la Lanterne en Franche-Comté. A noter que la Sémouse comme l'Augronne servent de limite (régionale ou communale) sur une grande partie de leur cours, à l'inverse de la Combeauté. Ceci du fait de leurs vallées encaissées qui en ont fait des limites et non une zone d'établissement de village, à l'exception notable de Plombières-les-Bains établie sur l'Augronne.

La Combeauté est la plus importante des trois rivières, la Sémouse et l'Augronne sont un niveau en dessous du fait de leurs bassins et affluents plus réduits, mais l'avantage revient à la Sémouse après sa jonction avec l'Augronne. Ceci fait que la Sémouse absorbe la Combeauté et non l'inverse (détermination de la branche principale en remontant vers l'amont).

La Sémouse est particulière, notamment par la rapidité avec laquelle l'importance de la rivière se fait. Ceci dès l'entrée dans sa profonde vallée. La Sémouse est à ce titre une des rivières les plus dymamiques du Pays de Remiremeont (au même titre que de le Breuchin ou le Ruisseau de Reherrey par exemple). Ceci est dû à 3 phénomènes :
-l'importance du bassin collecteur en amont, la Sémouse draine une surface plus importante que l'Augronne ou la Combeauté et où sont présents de nombreux petits ruisseaux. 
-le creusement de la vallée dans le grès permet à la rivière de capter les nappes alluviales de surface et donc de connaître un accroissement de débit notable, comme le fait l'Augronne en amont de Plombières. La Combeauté est un cas à part dans la mesure ou elle coule sur du granit en amont, tout comme le Breuchin. 
-l'importance de l'hydrométrie, la Sémouse prend sa source et traverse une zone de très forte hydrométrie, son altitude élevée (de 550 à 600 mètres environ) faisant que les précipitations de l'ouest butent directement contre ces reliefs de l'est de la Vôge.

La rivière apparaît un peu en amont du hameau de Gérardfaing à Bellefontaine, au lieu-dit le Calvaire où se croisent différentes routes, directement sur la limite de partage des eaux. La Sémouse est alors un minuscule ruisseau coulant au milieu d'un champ, à 550 mètres d'altitude, recueillant les eaux des légers reliefs environnants. La rivière prend une direction ouest et passe à Gérardfaing au milieu des deux parties de la Forêt Domaniale de Thiébémont.

Le petit ruisseau passe à Bellefontaine dans le creux de ce qui n'est encore qu'un vallonnement.

Le Ruisseau du Pont Jeanson au Pont de Pierre (Bellefontaine)
Le Ruisseau du Pont Jeanson au Pont de Pierre (Bellefontaine)

Après être un petit ruisseau, elle va très rapidement prendre des dimensions de plus en plus importantes après sa confluence avec le Ruisseau du Pont Jeanson au Jaillery, l'autre grande tête hydrographique du bassin, équivalent voire supérieur en longueur et en débit. Plusieurs moulins étaient installés dans le secteur à la fois sur la Sémouse mais également sur le Ruisseau du Pont Jeanson, notamment au Pont de Pierre, ou encore sur la Bramouse (Moulin de Ruaux).

On est alors à une altitude de 500 mètres. La rivière va ensuite se creuser une vallée de plus en plus profonde dans le grès des Vosges; au carrefour de la Gabiotte, la rivière s'enfonce dans une vallée encaissée entre deux coteaux abrupts, boisés et sombres. Une petite route sinueuse suit la vallée. Celle-ci devient alors sauvage et austère et la rivière devient de plus en plus importante au fur et à mesure des affluents captés. Cette vallée revêt un grand intérêt écologique et paysager.

La Sémouse est à 490 mètres au Pont Poirot où elle capte le Ruisseau de Rupt Guéné, qui est l'exutoire de nombreux étangs situés au nord (Etang des Mottes, Petit Etang des Mottes, Etang de Harfaing, Etang Monin, ancien Etang des Retondaines). La Vallée des Forges débute, dessrvie par une petite route tout le long du chemin jusque Aillevillers-et-Lyaumont. La Tréfilerie du Blanc Murger (fondée en 1547 et toujours en activité) est située à 440 mètres d'altitude environ. Elle se composait d'une forge et d'une tréfilerie. On quitte alors la commune de Bellefontaine pour se situer aux limites de communes de Xertigny au nord et de Plombières-les-Bains (ancienne commune de Ruaux) qui donc se touchent. Le Ruisseau du Rechentreux, qui prend sa source à l'Etang des Noëls a une course plein sud et arrive à droite, il capte de petits ruisseaux et passe par le Gueu du Saut où se trouve une cascade accessible par la route. La Sémouse forme à se niveau une retenue d'eau de 1 km de longueur. A ce niveau existe une carrière toujours en exploitation et menacant l'intérêt paysager de la vallée.

Arrive ensuite la Forge de la Sémouse, située sur les deux communes, avec son château et son ancienne scierie arrêtée en 1973 sur l'ancien site d'une tréfilerie fondée en 1697. La Sémouse capte rive gauche la Bramouse, un ruisseau prenant sa source à l'Etang de Clairesse, dans les Hauts de Bellefontaine et qui passe par le Moulin de Ruaux. L'altitude est alors de 420 mètres.

Un peu après se trouve la Forge Neuve (laminoir créé en 1840 et fermé en 1952) qui était une annexe de la Forge de Semouse. A ce niveau la Sémouse capte le Ruisseau du Roulier, du nom d'un hameau excentré de la commune de Xertigny.

La vallée de la Semouse a été le lieu d'implantation pendant de nombreux siècles (du 16ème siècle au milieu du 20ème siècle) de nombreuses forges. En effet, ce sont près d'une dizaine qui se sont installées le long de son parcours. D'où son surnom de "Vallée des Forges".
Dès le milieu du 19ème siècle Victor puis Albert de Pruines installèrent un train à voie étroite (tacot) pour relier deux usines des deux vallées (la ligne faisait un peu plus de 8km et devait avoir des pentes dépassant les 5 à 6%), démarrant à la Gare de Plombières (cote 400 m env.), elle passait aux lieu-dits : Le Gros Chêne (cote 530 m), La Bassotte (cote 550 m : point culminant du trajet), La Chenevière (cote 530 m), Le Voicieux, et au Moulin de Ruaux (cote 500 m), son parcours finissait du Fays Bois (cote 440 m env.) vers la Forge de Semouse (cote 418 m) et vers la Forge Neuve (cote 400 m). Ce tacot a fonctionné de 1922 à 1953.
Le tracé de cette ligne est encore visible de nos jours et se confond même avec la route (au niveau de Chenevière par exemple). Elle est un des nombreux éléments témougnant du passé glorieux de Plombières-les-Bains en tant que ville d'industrie.

Les usines du Blanc Murger dans la vallée de la Sémouse dans les années 1910Les usines du Blanc Murger dans la vallée de la Sémouse dans les années 1910

Toutes ces anciennes forges ont été victimes à la fois de leur position géographique reculée et malaisée d'accès ainsi que de l'appartition de techniques de production nettement plus modernes qui ont fait qu'elles sont très tôt devenues obsolètes alors qu'elles étaient des fleurons précoces de l'industrie lorraine puis française. Seule la tréfilerie du Blanc Murger a su se moderniser par de nombreux investissements (circuit voiture) .

La Sémouse passe ensuite par la Forge de Ruaux ou Forgette. Créée en 1728, cette ancienne forge possédait une tréfilerie. Au 19ème siècle on y fabriquait des roues de chariot, avec une halle en charbon (1850) d'une exceptionnelle qualité. Elle se situe à l'extrême limite ouest de l'ancienne commune de Ruaux.

La rivière continue sa course dans une vallée toujours aussi encaissée et pittoresque. La Sémouse sert alors de limite entre Vosges (rive droite) et Haute-Saône (rive gauche). On appelle désormais davantage la rivière "Semouse" en Franche-Comté.

La Sémouse recoit en rive droite la Franouze, un ruisseau drainant divers hameaux de la commune du Clerjus (Lassus, le Champ, le Moncel).

Il n'y a aucun établissement jusqu'à la Chaudeau qui se situe au coude de la Sémouse. C'est le plus ancien établissement industriel de la vallée à la veille de la Révolution. Il comprenait alors une forge, une tréfilerie, une aciérie ainsi qu'une manufacture de fer blanc, ce qui est exceptionnel pour l'époque (seulement 3 dans le royaume). Une tréfilerie subsiste encore de nos jours.

Au niveau de la Chaudeau, la Sémouse recoit en rive droite le ruisseau des Censeaux, qui sert sur une grande partie de son cours de limite entre les Vosges et la Haute-Saône. La Sémouse entre alors entièrement en territoire Franc-Comtois. L'altitude n'est alors plus que de 310 mètres.

La vallée encaissée prend alors fin avec la sortie du plateau gréseux, on entre alors dans la plaine saônoise.

La rivière passe aux Forges de la Branleure, une petite forge aux orgines antérieues à la Révolution. La disposition des cités rappelle celle des cités ouvrières de l'Angleterre industrielle.

La Sémouse arrive alors à Aillevillers-et-Lyaumont et reprend la vallée de l'Augronne, l'altitude est de 280 mètres. Mais la rivière ne va pas rejoindre l'Augronne à ce niveau, en effet la Sémouse et l'Augronne vont encore poursuivre leur cours parallèlement pendant plusieurs kilomètres très proches l'une de l'autre (moins de 500 mètres, Sémouse au nord, Augronne au sud) avant qu'une partie de l'Augronne rejoigne la Sémouse avant Saint-Loup-sur-Semouse et que l'autre partie la rejoigne dans la ville même. Ce phénomène étant favorisé par la platitude du terrain. La Sémouse apporte alors légèrement plus d'eau que l'Augronne. La Sémouse fait alors plusieurs mètres de large. Au niveau de Saint-Loup, la Sémouse recoit sur la droite le Ruisseau du Chânet, qui prend sa source dans le Bois du Lyaumont.

La Sémouse va ensuite capter 7 km plus loin de la gauche la Combeauté entre la Pisseure et Ainvelle, alors d'une longueur un peu supérieure (37 km contre 35 km environ). L'altitude est alors de 235 mètres.

La rivière va capter son dernier affluent, le Planey grossit du Dorgeon qui est en réalité la branche principale. Le Planey naît à Anjeux. Sa longueur est de 6,5 km. Sa source est une résurgence de la Sémouse (source « vauclusienne »), que le Planey rejoint à Varigney, un hameau excentré de la commune de Dampierre-lès-Conflans

La Sémouse rejoint alors la Lanterne à Conflans-sur-Lanterne à 230 mètres d'altitude, avec un débit supérieure à cette dernière. Les deux rivières forment alors un ensemble drainant la grande majorité des Vosges Saônoises et de la Vôge de l'est, territoires à forte lame d'eau.

La Lanterne reposant sur les quatre rivières principale que sont la Sémouse, l'Augronne, la Combeauté et le Breuchin, représente à sa confluence avec la Saône au niveau de Conflandey un bassin de 1.020 km² pour un débit moyen de 22 m³/s , si bien qu'en aval du confluent avec la Saône, 40% du débit de cette dernière est dû à la Lanterne.


Bassins Hydrographiques   L'Augronne